L'orgue Abbey/Londe

     Aperçu historique :

 

Construit vers 1840-50 par John Abbey (1780-1859), facteur anglais établi en France à partir de 1826, l’instrument provient en réalité d’une église de proche banlieue comme en atteste ce témoignage du père Barbé, curé de l’époque : « Mars 1857 : orgue acheté 3500 F d’occasion à Mr Richard, Vicaire de Neuilly depuis 1853, de la facture de John Abbey … » (Eugène François Barbé, Mémoires) L’orgue acquis par la paroisse possède alors un seul clavier manuel de 54 notes ainsi qu’un pédalier de 27 notes en tirasse (sans jeux propres). La console est  « en fenêtre », c’est-à-dire encastrée dans le buffet. Il faut noter la présence d’un bourdon 8’ en bois, typique de la facture Abbey. Le buffet en chêne, de style très sobre, date certainement de cette époque.

Or, l’instrument n’est pas assez puissant pour « remplir » l’édifice. A la demande du père Barbé,  les fils Abbey (John et Eugène) - dont la plaque figure sur le buffet (photo) - transforment et agrandissent l’orgue. Ils y ajoutent un deuxième plan sonore (appelé récit)  installé en boîte expressive derrière le grand-orgue. C’est sans doute à cette époque que la console est retournée.

 

Au XXème siècle, plusieurs facteurs d’orgues effectuent des transformations. En 1952, la maison Beuchet-Debierre ajoute un plein-jeu IV rangs au grand-orgue. Puis c’est au tour de Müller et de Barberis d’ajouter plusieurs jeux d’esthétique néo-classique (cromorne, quarte 2’, sesquialtera, cymbale du récit) et d’étoffer la pédale de trois jeux supplémentaires, tous placés à droite du buffet. De plus, les claviers sont portés à 56 notes avec adjonction de sommiers additionnels électriques.

Reconstruction partielle de l’orgue :
 
Au cours du XXème siècle, l’orgue a subi une série d’interventions qui ont malheureusement entaché son unité stylistique et structurelle. Les réparations «bricolées », l’usure du temps ou encore les méfaits du chauffage à air pulsé ont fortement dégradé son état.
Le projet de « reconstruction partielle  de l’orgue », supervisé par Eric Brottier, technicien-conseil, a notamment pour but de restaurer et/ou de reconstruire la totalité des éléments constitutifs de l’instrument (mécanique, portevents, sommiers, tuyauterie...), de lui redonner davantage d’unité stylistique (suppression et adjonction de certains jeux), de répartir les jeux de pédale de part et d’autre du buffet, d'étoffer sa composition pour permettre une utilisation plus complète, enfin, de favoriser sa diffusion sonore dans l’église par l’avancement du buffet.

 
Les travaux de restauration ont été confiés à l'entreprise jurassienne Denis Londe. L’orgue a été démonté en septembre 2013 et emmené en atelier. 

Achevé en mars 2016, il a été béni le 20 mars 2016 par le père Hugues De Woillemont, vicaire général du diocèse de Nanterre, et inauguré par Coralie Amedjkane et Michel Bouvard le 26 mai 2016. 

Composition :

Grand-orgue (56 notes) :

Bourdon 16'

Bourdon 8'

Montre 8'

Flûte harmonique 8'

Flûte 4' (jeu neuf)

Prestant 4' 

Doublette 2'  

Plein-Jeu IV (jeu neuf)

Nazard 2' 2/3 (jeu neuf)

Tierce 1' 3/5 (jeu neuf)  

 

Récit (56 notes) :

Flûte bouchée 8'  

Salicional 8'

Voix céleste 8'

Flûte octaviante 4'

Octavin 2' (jeu neuf)

Basson-Hautbois 8'

Trompette 8'

Clairon 4'  

   

Pédale (30 notes) :

Soubasse 16'  

Flûte ouverte 8' (jeu neuf)

Octave 4'  

Dulciane 16' (jeu neuf)

Trompette 8' (jeu neuf)

 

Tirasse Go, tirasse Récit

Copula

Appel anches

Trémolo

Octaves graves